02/02/2007

mon ego enfin dévoilé


Il me faut convenir qu'en ce qui m’est Vie, je pusie est ma règle de vie. Ce qui m’anime – que je le veuille ou non – est difficilement partageable, et trop se situe en dehors de ce que vivre veut dire pour le commun des mortels.

Je ne me sens ni moins Homme, ni sur-Homme, ni l’Homme. Je suis, c’est tout.
« Illuminé, fou, décalé, mystique, malade, bizarre, … dangereux, sournois, pestiféré, pervers … bonasse, sans caractère, égoïste, autoritariste, obtu, idiot, têtu, … » … voilà un "best off" des sobriquets par lesquels certains me désignent au quotidien. Puisque je ne suis cernable par personne.

Durant 63 ans j’ai cherché à « échapper » au prix à payer : la très grande solitude de l’incompris. Pour découvrir que pour ne plus l’être, il « suffit » de ne plus chercher ailleurs qu’en moi-même. « Refermé sur moi-même ». La boucle est donc bouclée.

Ce qui devrait être indice de déprime profonde justifiant toutes les thérapies, mon Ouroboros ne m’est rien d‘autre que libérant, puisqu’il m’autorise à être pleinement heureux d’être qui je suis avec pour seule norme la mienne.

Ce droit à la liberté - il est vrai - n’est accessible qu’à celui qui sait se battre. On me connaît donc comme battant, déterminé, rouleau compresseur, … Si tout cela nullement ne m’est moteur de vie, je n’arroge à personne le droit de décider de ma mort, même si … de mourir je n’ai aucune crainte puisque ceci pour moi ne signifie rien de plus que "fin de vie".

Sentant venir la menace avant qu’elle ne se manifeste dans les faits, toujours je fais dans la prévention. Mes outils : écoute, dialogue, échange d’arguments, et parfois même la fuite. Lorsque malgré la menace se précise, alors seulement je fais volte-face et engage un combat sans merci, dont l’enjeu n’a d’autre issue que soit ma mort, soit – lorsque je parviens à maîtriser l’adversaire avec ses propres armes - son amnistie. Si alors encore il insiste, sans pour autant le tuer, il est clair que j'ai pour ultime capacité de lui opposer une totale indifférence.

"la technique de l’indifférence", parfait corollaire à l'opposé de ce qui réellement en chaque seconde de ma vie m'anime : découvrir, apprendre à connaître, comprendre, m’enrichir, intégrer chaque nouvelle différence, rassembler.

J’accepte ma condition d’hominidé et les règles qui la régisse. Struggle for life, la loi du plus fort, conquérir, se défier, gagner et perdre, se réchauffer, chercher la nourriture et d’abord servir mes petits, me fâcher, mordre, mesurer, défier, comparer, … Du moins, chaque fois que les faits m’y obligent.

Mais tout cela en rien ne contribue à mon bonheur d’Humain.
Chaque fois que cela peut, je refuse de prendre part aux jeux qui ne sont pas les miens, ce qui déçoit, et fait qu’on me taxe de lâche, de couille molle, de bonne poire. Quolibets qui me chagrine puisqu’à chaque fois que m’est adressé tel jugement, mon interlocuteur m’oblige à prend acte de son inaptitude (selon mon point de vue) à pouvoir un jour avec moi établir la bonne fréquence.

A défaut de pouvoir me suffire à m’en remettre au hasard des forces qui me dépassent, je revendique - dans l’espace qui m’environne - ma part de responsabilité dans chaque événement qui me concerne ou / et concerne celui qui m’est proche et que j’aime. Ce que j’appelle liberté, ou mon espace de liberté, m’est besoin pour l’esprit, ce que l’oxygène est pour mon corps.

Je m’arroge donc aussi le droit, dans mon espace – petit certes, mais énorme pour moi - de vivre selon mes aspirations intimes, selon ce que je juge bon pour moi, de choisir ceux et celles dont je m’entoure lorsqu’ils me conviennent. Et eux seulement, même si jamais tel cercle n’est fermé et toujours en perpétuelle quête de renouveau.

Ce qui m’anime est un profond et réel plaisir de vivre. Je suis amoureux de la vie, j’aime vivre, j’aime tout ce qui vit, bouge, change, se remet en question, évolue. Autant d’événements que j’observe avec les yeux très peu, mais très fort avec « le cœur », mon intuition, ma 77ème dimension.

Je suis donc inapte d'accorder quelconque valeur à ce qui se mesure, se voit, se touche, se fait, … à moins d’en percevoir l’intention, le contexte, la démarche profonde.
Il est difficile de me faire rire, de me fâcher, de me faire plaisir, de me faire dire mon verdict, lorsque je perçois chez mon interlocuteur : tendresse et générosité naturelles, spontanées.

S‘aimer pour moi est échanger en bonne fréquence, sans monnayer. « Être » l’un pour l’autre sans avoir à prouver, se mélanger là où nos valences nous accolent. Vivre ensemble des instants de plénitude. Plénitude qui seule donne du sens à des extériorisations tangibles et tactiles, qui alors deviennent – rien de plus, et tout ça à la fois – autant de moyens supplémentaires pour transmettre et communiquer sur l’essentiel.

Dire qu’ainsi je suis, et que plus jamais je ne pourrai ni ne voudrai, ni n’accepterai de reprendre place dans les structures « humaines » que pourtant je respecte chaque fois qu’il m’est possible, me condamne à m’exiler du monde des faux-vivants. Ce m'est pourtant très peu payer pour accéder au droit de vivre ma pleine Vie.

Je suis donc disponible pour ceux que j’aime et qui m’aiment, et donc en qui je crois.
Je ne le suis pour les autres que dans les limites de la bonne convenance.

Disponible, je le suis comme je l’entends, pour ma satisfaction. Ignorant tout contrat, ni cahier de charge, ce que j’aime donner est à prendre … ou à laisser. Point pour l’autre à devoir me remercier, ni à devoir justifier son refus, puisqu’alors il affirme son espace de liberté, ce qui m’enchante.

J’appartiens donc au « monde » des incontrôlables et incontrôlés.
Ceci fait peur, puisqu’on ne peut me comprendre, alors qu'en moi ailleurs tout se décide. Bien à tort, puisque bien plus que d’autres, très bien je me contrôle moi-même et me maîtrise, et que ce que j’extériorise, même si parfois très gauche, a pour seule intention de rapprocher et jamais de détruire.

Curieux de m’écrire à moi-même telle missive. D’autant plus qu’aujourd’hui ne m’est pas fort différent d’hier.
Peut-être qu’une pleine année de profondes difficultés pour beaucoup que j’aime, m’a obligé à agir dans les faits, donc d’être soupesé, jugé, interprété, vilipendé, jalousé, soupçonné, … ce qui plus qu’avant me fatigue,. Alors que seulement me comprennent à ma juste valeur, ceux pour qui je fus présence et disponibilité, et enthousiasme de Vie.

Désolé pour ceux qui me cherchent ou m’attendent. Ils ne me trouveront pas.
Je suis avec ceux et celles qui m’ont trouvé, que j’aime et qui m’aiment.