01/12/2009

Herman Van Rompuy, produit de c(C)ulture belge


Herman Van Rompuy sera premier Président de l'Europe, ou du moins du Conseil des Chefs des Etats qui la compose.
Que dire si ce n'est que nous sommes tous (près de 11 millions de Belges) à le regretter, même si pour sa nouvelle fonction le gars vraiment a la carrure.

Nous le regrettons parce qu'il quitte la Belgique où en moins d'un an, en sa qualité de chef de gouvernement "dépêché à ce poste bien malgré lui en homme de la dernière chance", il est a parvenu à calmer les esprits, à redonner cohésion à une équipe enfin forte et aux Belges malmenés depuis trois ans par des manipulateurs qui les dépassent, à régler un par un des dossier ardus restés en panne, à établir en cette période de crise économique les grandes options du budget fédéral jusqu'à fin de la législature ... en 2102 !!! Tout cela en silence, dans un climat détendu et en faisant fi des media les plus agressifs.

Il a été remplacé "sur le pouce" par celui qu'il avait remplacé il y a un an, un "Premier" qui n'a défrayé la chronique que par ses frasques de type "Gaston Lagaffe". Ce Gaston nous revient pour ne pas secouer l'équipe en place avec pour flanc-garde un vieux de la vieille "qui sait comment y faire" pour déminer la restructuration de nos instantes administratives dites "communautaires", souci permanent d'une Belgique en évolution perpétuelle.

Van Rompuy Président de l'Europe.
Sans prédire ce qu'il en fera, je suis presque certain que la plupart le jugeront "effacé et sans vagues" puisqu'il ne fera pas parler de lui.
Homme de haut vol, à chaque fois il remplit une fonction sans jamais se laisser prendre au jeu, sans jamais en faire une affaire d'ego. Il est inapte à la notion d'ambition personnelle.
A l'opposé des bling-bling et autres faiseurs de grand bruit, il ne communique que lorsqu'un dossier est clôturé pour en dire la conclusion. Donnant même parfois l'impression fausse que tout paraît avoir été facile !

Il est un démocrate de type "belge" à savoir que chez nous un chef élu reçoit une fonction de médiateur et non de star médiatique. Il se doit de réaliser chaque jour la cohésion entre les contraires et parvenir à réaliser des compromis sur base de consensus où tous sont gagnants.

Ici n'existe pas de majorité et d'opposition, même si en tels termes parfois ils s'expriment. Puisque vivre en bonne démocratie veut dire "tenir compte du plus grand nombre tout en prenant en compte - chaque fois que ce peut - de chaque minorités". Quadrature du cercle qui tellement, à nous Belges, nous ressemble.

Pour n'en gêner aucun, l'Europe a donné à son Président un descriptif de fonction d'arrière-plan qui - curieuse coïncidence - correspond à la vision belge du rôle d'un Chef d'Etat en environnement démocratique. Fonction d'arrière-plan bien plus lourde et complexe que celle de chasseur de scoop.

Les vedettes du bling-bling pourront sans crainte continuer à se pousser en avant sur leurs chaînes nationales. Jamais Van Rompuy ne menacera ces manipulateurs tribaux, tellement il se situe bien au-delà. Et jamais il ne revendiquera reconnaissance du devoir accompli, puisqu'il vit et agit en conscience pour le bien de l'Humanité.

Petit pincement quand à mon coeur d'athée laïc parfois chauvin, puisque l'Homme dont je ne puis que décrire les qualités humanistes est un catholique de grand format. Ceci étant dit il est pour moi, en toute sincérité, un vrai Frère des Hommes.