15/06/2010

La Belgique se meurt ? Vive l'Europe !


La Belgique n'est pas encore morte et l'Europe qu'il nous reste à faire et à refaire pour très longtemps sera notre lendemain.

Quitter se vieux meubles jamais n'est facile et personnellement je ne suis pas pressé de les quitter, vieil âge oblige. Et sans doute que le préavis me permettra d'y vivre mes derniers jours. Mais qu'importe si déjà s'amorce la construction de demain qui sera celui de mes enfants et petit-enfants. A quoi bon freiner alors qu'il y a tant à faire pour bien y aller.

Les "petits belges" - qui comme d'autres "petits" peuple vivent à la jointure de plaques tectoniques sociales, culturelles, économiques, politiques - depuis toujours ont dû inventer en premiers des modes de relations entre hominidés de natures différentes. Normal qu'une nouvelle fois dans leur histoire ils seront laboratoire humain qui bien avant les autres en ces matières devra inventer l'avenir.
Si l'exercice difficile et complexe demandera des décennies, le but à atteindre me semble aujourd'hui évident. Non pour le plaisir de changer, ni pour le plaisir de certains roitelets ou penseurs, mais parce qu'il y a nécessité ressentie de façon collective. A savoir aussi que le mondialisme et la multiculturalité envahissent les campagnes les plus reculées et que ce qui ne se vivait qu'aux frontières devient lot quotidien de chacun.

Loin d'être son fan, bien au contraire, je comprends comme nous tous que les "électeurs de Bart" ont d'abord et avant tout exprimé leur insatisfaction de ce qui leur semble dépassé. Comprendre leur "nationalisme" (l'est-il vraiment ?) conduit à chercher de nouveaux cadres de convergences. Bien curieusement il pourrait y en avoir.

Voici la mienne.

La notion d'État est anti-démocratique et dépassée. Qui dira le contraire ! Si certes remplacer ce qui fonctionne mal par rien n'est pas progresser, œuvrer pour que disparaissent les États - reliquats de guerres et pactes entre seigneurs et princes où jamais populations ne furent consultées - et donc les vider de leur pouvoir pour les regrouper dans une entité européenne aujourd'hui incontournable me semble devenue évidente.
Adieu Belgique, adieu France, adieu Italie, adieu Allemagne, ... et leurs empereurs qui font croire qu'encore ils les dirigent ... ! Cette voie à suivre me semble la bonne !

En leur lieu et place disposer d'un pouvoir fédéral européen élu démocratiquement qui - c'est déjà le cas pour énormément de choses (et pas encore de trop, même si nous devons changer nos habitudes) - gèrera ce qui nous sera commun à tous (grandes lignes de philosophies sociale et culturelles communes, la défense, la politique étrangère, justice, police fédérale, socle de justice et de solidarité sociale, communications fédérales, ...) est aller vers demain. Même si tout nous reste encore à faire puisque c'est le monde de l'argent qui en premier a entamé la longue marche, laissant à la traîne ce qui bien plus épanouira les humains.

Monter le niveau du pouvoir l'éloigne inévitablement encore plus du citoyen et de son lieu de vie immédiat qui lui est spécifique (culture traditionnelle, linguistique, géographie, climat, économie, ...). Au plus l'Europe se fera, au plus ses citoyens auront besoin de se retrouver dans une structure complémentaire plus proche de leur conditions de vie locale. Si le pouvoir communal fort (très belge) en est l'entité de base, la structure régionale me semble non seulement incontournable, mais permettra enfin de gommer les structures étatiques au service des nobles par des structures au service de de ceux qui y vivent.

L'Europe des Régions donc. Même si cela fera grincer des dents et ne sera pas pour demain, la mondialisation nous impose déjà une Europe de plus en plus forte, Europe qui probablement elle aussi ne sera qu'étape intermédiaire, mais pour des décennies ou siècle(s) encore aura sa raison d'être.

Un État Belge qui disparaît pour faire trois États Wallonie, Bruxelles et Flandre de plus. Non Bart, là je ne te suis pas, puisque c'est créer trois fiefs anachroniques de plus. Mais régionaliser ce qui alors sera plus efficace et plus proche du quotidien des habitants, bien sûr qu'il le faut. Tout comme ramener au fédéral belge pour meilleure efficacité au service de tous ce qui un jour sera transmis au fédéral européen quand l'État disparaîtra, voilà ce qui s'appelle préparer l'avenir avant la date. N'est-ce pas cela être belge ?

Penser "Belgique de demain" bien sûr sera penser à nos trois Régions qui se révèlent distinctes et différentes, dont l'une dite "bruxelloise" devenue territoire à vocation européenne et internationale (avec qui elle se doit de compter autant qu'avec ses voisines).


Mais penser "Belgique de demain" sera d'abord et avant tout de penser "Europe de demain" et donc par notre exemple inventer une coexistences fraternelle ente trois Régions européennes sorties d'une même histoire de souffrances et de guerres.


Belle gageure alors que nous occuperons les chaises de la "petite présidence" de l'Europe pour six mois, au service d'Herman qui déjà occupe le fauteuil.
Plus jamais de guerre et toujours plus de fraternité, notre première priorité !