20/10/2010

De l'usage des langues et des langages ...


Comme la Foi, à chacun de partager sa langue avec ceux qui le comprennent.
Cela me semble un droit absolu lié à l'individu et non au lieu où qu'il se trouve.
A lui d'en assumer pleinement les plaisirs, coûts et désavantages.

Comme pour une Communauté religieuse, à chacun de parler le dialecte de son village.
Cela me semble un droit absolu qui est lié à une communauté et non au lieu où elle se trouve.
A elle d'en assumer pleinement les plaisirs, coûts et désavantages.

Ici s'arrête la notion de "langue", partie intégrante voire motrice de qu'on peut appeler "Culture".

Pour le reste il y a nécessité d'être géré par des organisations et structures qui se choisissent pour outil un ou plusieurs langages administratifs, soucieuses d'équilibre entre "respect de l'individu" et "efficacité collective".
Inversement il appartient à l'individu d'apprendre pour le moins l'un des langages disponibles.

Pour parler "belge" je pense quant à moi ...

Que les Wallons, Flamands et Bruxellois ont le droit de s'exprimer dans leur dialectes avec ceux qui les comprennent. A eux d'en assumer les richesses, coûts, risques et limites.
Pour l'administratif, nous entrons dans le domaine des "langages" (aussi informatique !) à ne pas confondre avec "Langue" liée à une "Culture"...

Chacun doit connaître au moins un des langages administratifs offerts par les instances qui le gèrent, choix forcément lié au territoire où il habite.
Et il appartient aux instances administratives d'organiser la relation linguistique de façon ouverte et conviviale en fonction de la réalité présente et à venir, y compris l'accueil de minorités importantes  !

Ainsi pour se gérer entre eux, au fil des siècles les Wallons ont choisi le Français - langage venu d'ailleurs - et au fil des dernières décennies les Flamands ont choisi de se créer une nouvelle langue commune, le Néerlandais.
Aujourd'hui s'y ajoute l'Europe qui - Etat de fait imposé par la mondialisation des relations humaines - s'annonce comme anglophone.

Quant aux zones frontalières ... ou devenues internationales ! ... il est évident que celles-ci n'ont d'autres choix qu'une efficacité linguistique élargie.

Reste à déterminer quelles zones belges habitées se sentent "internationales". Pour moi la Belgique entière n'est que zone frontalière, ce par quoi elle fut d'ailleurs créée !
Tous - à commencer par Bruxelles - devraient y être ouverts au Français, au Néerlandais et à l'Anglais ... Pourquoi pas aussi à l'Allemand par respect pour nos concitoyens Germanophones, Germanophones de plus en plus nombreux de par la voie européenne !

Administrations accessibles en quatre langues ... Pourquoi pas ? Déjà les bus de la STIB s'affichent ainsi à Bruxelles.
Des formulaires disponibles en quatre langues ... Des fonctionnaires accessibles selon nécessité efficace en quatre langues ... Si pas dans chaque commune, pourquoi pas dans des bureaux centralisateurs rapprochés ?

Reste à savoir ce que "connaître" une langue veut dire, ou du moins comment fixer des niveaux d'exigences ...

Je m'étonne qu'aucune place n'est accordée à la connaissance passive d'une langue. Ne pas savoir l'écrire ni la parler mais pouvoir la comprendre, puis dans un stade suivant la lire. Que de facilité dans des réunions où chacun parle sa langue et comprend celle de ses interlocuteurs.

La nécessité fixant le niveau de connaissance d'un langage je pense que les administrations et structures doivent :
- promouvoir la connaissance passive,
- encourager la connaissance usuelle parlée,
- réserver des exigences plus académiques aux fonctions où il y a nécessité.

Le multilinguisme ne s'impose pas. Il naît entre individus selon besoin et fait tache d'huile si le milieu ambiant lui est favorable.
Après quoi chacun très vite devient demandeur d'en savoir plus et de mieux connaître, puisqu'il y va de son intérêt et non d'une obligation extérieure.

Bruxelles trilingue ? Voire quadrilingue ? ... Ce n'est plus un souhait ... Les Bruxellois - en ordre dispersés - y arrivent !

Aux autres Belges qui se perdent entre "langues" et "langages", je leur souhaite au plus vite d'arrêter de se dilapider dans des guerres de comptoir ... avant que leur langage administratif ne devienne l'Anglais !