14/03/2011

je ne savais pourquoi j'aurais dû être fier d'être Belge


Aujourd'hui je découvre que je le deviens !

Imaginez un Pays qui tourne depuis des années sans gouvernement digne de ce nom. Suffit de voir les regards éberlués de nos voisins pour savoir que cela n'a rien de banal. A cela plusieurs explications.

Si notre gouvernement n'est pas digne de ce nom, il l'est certainement en affaires courantes.
Jusqu'à assumer sans vagues et avec sérieux sur tous les plans la présidence européenne.
Jusqu'à maintenant assumer la préparation de plans budgétaires pour les années qui suivent.
Jusqu'à assumer un accord entre partenaires sociaux.

Le tout malgré chausse-trappes et bombes à fragmentations lui envoyées dans les pieds.
Le tout malgré le fait d'avoir été désavoué, débarqué, et de devoir malgré tout continuer.
Le tout malgré une opinion - non pas divisée - mais informée séparément par des médias qui au mieux ne sont plus en mesure d'évaluer l'exacte portée des infos qu'elles transportent, et au pire les manipulent.
Le tout malgré un Leterme que je n'ai jamais apprécié parce qu'il a douté de son propre Parti en s'alliant à un parti radical nationaliste qui depuis l'a pris en otage.

Preuve est faite que s'amuser à débarquer un gouvernement est jeu dangereux qui devrait être réservé aux adultes.
Preuve est faite que les réformes radicales pour sauver une société en déclin et le bien-être des gens depuis quatre ans est de l'intox !
Preuve est faite qu'une partie de la population a été abusée.
Preuve est faite que radicalisme ne peut et ne sait quoi faire avec dialogue démocratique.
Preuve est faite combien nationalisme vers le bas s'éloigne des défis mondiaux - à commencer par l'Europe - qui irréversiblement seront mondialistes et ne peuvent être gérés que selon des philosophies politiques ouvertes à la solidarité et la solution fédératrice.

Preuve est faite aussi que les Belges flamands, bruxellois, wallons, germanophones, martiens et stroumphs ont bel et bien un patrimoine commun basé sur l'essentiel : une tradition de fraternité populaire.
Point de bagarres, point de guerre civile, et quand les citoyens de tous bords se frôlent, se rencontrent, se parlent et trinquent ensembles : un humour psychédélique à tout crin tempéré de bon sens qui dévie, absorbe, assagit ce qui sinon conduirait à la violence.

Chez tous - même si parfois coup de sang - toujours grande conscience que si cela dérape ce n'est pas "à cause" des petites gens, des classe moyennes, des cadres moyens et élevés, des intellectuels et des artistes. Au Nord, au Centre et au Sud tous sont égaux devant les Lois, dans leurs joies et leurs souffrances.
Mais bien conscience que la cause est à trouver chez  "certains" qui se disent "Politiques" mais n'ont d'autre visée que celle du Pouvoir, des Budgets pour régner, et pour premier soucis d'obéir aux intérêts financiers qui les supportent.

L'argent est le nerf de la guerre ! Oui, mais voilà, en démocratie le but n'est pas la guerre mais vivre ensemble. Un Politique démocrate (l'immense majorité de nos élus heureusement) cherche donc avec des moyens jamais assez mesurés de réaliser en bon père de famille ce que ses électeurs attendent de lui.

La Belgique, qui n'est pas éternelle, termine sa crise la plus importante depuis qu'elle existe. A savoir - non pas d'avoir douté de sa raison d'être, la quadrature d'un cercle qui ne fut pas le sien - mais bien d'avoir douté de son modèle qui consiste à rechercher en permanence la bonne formule pour "bien vivre ensemble" alors que tous nous sommes tellement différents.

Belgique : une population  disparate qui se mélange, se marie, s'enrichit de ses différences internes, qui aime la vie et fait preuve que le moteur d'une société, même si elle se paye le luxe d'avaries débiles, doit sa force à son rocher qui est la foi en l'individu pragmatique confronté aux faits et non la foi en quelconque idéologie.

Une pensée pour le CDH et le CD&V.
Laïc par nature et non religieux, je ne suis pas triste de leur déclin qui est d'abord le fait de leur phare : l'Eglise catholique en déconfiture. Sincèrement parfois même je le regrette. Car depuis des décennies toujours - qu'on les aime ou non - ils furent les régulateurs de la politique belge. A côté (entre ?)  les travailleurs de gauche et les patrons de droite ils proposaient une visée médiatrice chrétienne : plus d'humanisme chrétien entre tous.
Je ne souhaite pas leur disparition. Et si cela un jour devait arriver, jusque-là ils nous seront vraiment encore très utiles.

Plus que par le passé les "socialistes" devront laisser aux syndicats ce qui n'est plus leur problème et se consacrer avec priorité de gauche à réaliser plus d'humanisme entre les citoyens.

Plus que par le passé les libéraux devront se défaire du "Capital" (oserais-je dire "mafieux" pour faire la différence avec celui qui plus nous respecte, voire nous encourage) et se consacrer avec priorité de droite à réaliser plus d'humanisme entre les citoyens.

Aux Ecolos je crois devoir leur dire que le temps est venu d'assumer leur maturité politique. Si leur préoccupation originelle - la santé des fleurs et la qualité de l'air - semble tous nous avoir tous gagnés - mission déjà bien accomplie - leur reste à devenir le chaînon manquant pour ceux qui plutôt que préférer priorité politique en un humaniste accentué plus à gauche ou plus à droite, estiment important de s'identifier en premier comme humanistes laïcs, autrement dit "promoteurs d'écologie humaine".

Je précise qu'en rien mon discours n'est "Belgicain" attaché à la Belgique de Papa et aux frustrations de nos arrières grands-pères. Qu'on la restructure en un, en quatre ou en cent, du moment que les citoyens s'y sentent mieux encore, je suis pour !

Et "Beday Be" dans tout cela ? Une idée, rien de plus !
Fêter l'avènement de notre prochain gouvernement !
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Façon de souscrire à la conviction que nos élus critiqués et vilipendés de toutes parts - belgitude oblige - en fin de compte ont très bien travaillé et ont pu garder la tête froide là où d'aucuns en seraient venu à la bombe ou au suicide.

Et haro à ceux qui tentent de créer haine raciste là où notre naturel est devenu bonne entente et bonhomie.