18/04/2011

la voka du diable ? Pas nécessairement !


Intéressant d'entendre deux représentants du patronat flamand de la Voka hier sur de Zevende dag (VRT).

Tous deux expliquaient combien fut décevante leur rencontre avec les quatre Présidents des Partis francophones.

Je les comprends, puisque nous sommes en pleine confusion des genres.

Imaginez une réunion de patrons francophones avec les mêmes intervenants : la déception - moins affirmée - aurait pu être la même ! Pourquoi !?

Si certes l'argent est le nerf de toute guerre, fut-elle aussi à visées sociales, et par conséquent économique, peut-on pour autant confondre "faire de la politique" et "gérer une entreprise".

"Faire de la politique" consiste à gérer au mieux des citoyens avec un soucis de mieux être, de protection et de justice. L'économique y est certainement outil pour y parvenir.

Un politique doit donc rencontrer citoyens, associations et entreprises. Il n'a pas à jouer au chef d'entreprise, ni directeur d'une association, encore moins à s'instituer en porte-parole divin de tous ses citoyens. Il doit par contre observer, s'informer, entendre, adapter, innover et conduire le peuple vers demain. Il administre des citoyens.

"Gérer une entreprise" consiste à faire des bénéfices pour les distribuer à d'autres (qu'aux travailleurs) et à investir pour encore mieux faire. Le bien-être du personnel y consiste à "donner du travail" dans une entreprise en bonne santé. Laisser croire que la priorité d'une entreprise est le "bien-être de l'homme" est un taninet exagéré.

Une entreprise ne connaît que clients, actionnaires, bénéfices et moyens machines et humains pour faire circuler l'argent. Un chef d'entreprise n'a donc certainement pas pour vocation de se prendre pour un Politique.

Et c'est bien là que le bât blesse !

La Voka n'est pas "tous les entrepreneurs flamands", mais une association d'entrepreneurs très flamands qui pour faire progresser "leurs" entreprises font flèche de tout bois, notamment en voulant diminuer les frais généraux et dribbler la concurrence.

Leur vision est simple : centrer la richesse du Pays sur la seule Flandre, y inclus Bruxelles "internationalisée". Qui peut leur reprocher telle théorie économiquement correcte ? Puisqu'en économie : chacun pour soi. Non ?

Où la Voka dérape est qu'elle prend se rêves économiques pour des projets politiques. Elle compare la gestion d'un Etat à celle d'une entreprise et se pique de donner conseil en la matière.

Son Président sur le plateau ne disait-il pas que jamais un entrepreneur ne gèrerait ainsi Bruxelles, qui dilapide son argent sur 19 communes ?

Sans entrer dans le bien-fondé ou non de telle allégation - en quoi cela concerne-t-il un entrepreneur quel qu'il soit ?

Quand on sait que le CD&V compte dans ses rangs des "infiltrés" de la Voka (Kris Peeters par exemple) et inspire et entoure en direct la NVA jugée plus "performante", NVA qu'elle sponsorise pour le moins moralement et politiquement (?!) on comprend mieux le "fossé entre Nord / Sud". Ou plus exactement le fossé qu'il y a entre les "Partis démocratiques du Nord et du Sud" et partis d'inspiration "économie d'entreprise" qui au Nord ont trouvé, influencé, créé des relais politiques.

Traiter une Entreprise de dictature est sans doute excessif. Mais peut-on pour autant confondre façon de gérer une entreprise moderne avec ... Démocratie ? Qui la dirige ? Au profit de qui ? Qui y a Pouvoir de juge et partie sur ceux qu'elle utilise ?

Le vrai fossé est donc bien là : au Nord certains "Politiques" ne le sont pas, et relayent des théories économiques qui n'ont rien à voir avec la gestion politique d'un peuple.

"Meer Vlaanderen" est leur message.

A mes Amis flamands depuis des mois je leur demande "Oui mais pour qui ? Pour les Vlamingen ou pour sommige vlaamse capitalen ?"

A se tromper d'élection les travailleurs flamands de tous niveaux et grades risqueraient bien un jour de voir leur Mère Flandre devenir une grande entreprise très bien gérée (on peut rêver) où les règles de la vie publique seront devenues celles d'une entreprise.

Ne restera plus alors qu'à y éliminer les citoyens inadaptés, récalcitrants ou moins rentables.

Après quoi la Flandre sera parfaite et conforme !

Rêve ? Ou idéologie réductrice ?

A nous tous de savoir !