12/10/2011

dedans ou dehors - de l'urgence d'une opposition humaniste


Mon tempérament n'est point "militant" et je ne suis nullement Écologiste puisque je préfère garder équidistance, même si mon présent billet très fort concerne Écolo-Groen.

Pour un temps - nouvelle structure communautaire belge enfin définie - une trêve à dimension "humaine" permettra à ses citoyens et aux politiques démocrates de remettre au centre leur urgence première qui est d'organiser la cohésion sociale.

La circonstance de "crise", comme on aime à la nommer, comme tout chaos est circonstance exceptionnelle pour une société humaine en panne d'évolution, puisqu'elle oblige au déblocage, oblige au constat, oblige à agir plutôt que de dire, oblige à innover, oblige à tenter l'autre idée, oblige à se défaire et à se lancer.

Les options conséquentes inévitablement engendreront déception et rancœur chez ceux qui pensaient se réinstaller dans l'ouate de l'acquit, réactualiser hier alors qu'il nous faut inventer demain, ou espéraient du neuf là où on nous servira du réchauffé. Ils se tourneront donc vers l'opposition s'il en est une ou en inventeront de nouvelles.
Or s'opposer n'a que deux tendances : celle qui mène à l'abêtissement de l'hominidé, ce que je qualifie d'extrémisme réducteur qu'il soit ethnique, culturel, territorial, identitaire, économique ... ou celle qui invite l'Homme à grandir, à franchir l'obstacle, à se dépasser par une approche pragmatique de ce que progrès pourrait vouloir dire.

Cette dernière alternative aujourd'hui (malheureusement ?!) ne me semble réalisable que par les partis écologistes qui - outre le fait d'avoir acquit une maturité qui leur permet de participer aux charges du Pouvoir - me semblent devenir au fil des ans groupe de réflexion politique empreint d'éthique humaine, là où pas si longtemps d'ici ils étaient plutôt perçus comme groupes de pression aux discours apocalyptiques culpabilisant.

Écolo investissant le créneau de "Centre fédérateur" qui était à prendre depuis que s'estompe le poids du message politique chrétien ! Fallait-il encore ne pas tomber dans le même travers en remplaçant la dogme divin par un hypothétique dogme sidéral.

Pourquoi une opposition écologiste ? Parce qu'ils sont les seuls à être en état d'assumer cette tâche ! Parce que nos partis traditionnels, trop occupés à ramer pour ramener le bateau-au-dessus de la ligne de flottaison (et il est bon qu'ils le fassent !) et quelque peu engoncés dans leurs visions sociales traditionnelles aujourd'hui décadentes, ne semblent pas avoir investi dans la recherche du futur. Ils manquent tout simplement d'idées.

Aller vers demain pour tous est trouver une voie mobilisatrice qui plus que jamais concernera l'Humanité et non plus des fiefs et royaumes. Que veut encore dire ouvrier, employé, travailleur, indépendant, patron, entreprise quand tous sont malades du multinational-capital, système totalitaire mondial qui en chacun de nous a déposé son venin auto-culpabilisant, et se la coule douce en tout anonymat couvert par l'immunité légale du blanchiment de richesses volées. Faut-il rappeler qu'une monnaie représente une unité labeur/temps ?

Certes les Écolos méritent d'être à la table gouvernementale des huit. Mais c'est là penser court.
L'avenir va bien au-delà de savourer aujourd'hui le plaisir ponctuel d'une reconnaissance méritée. Il consiste plus que jamais à penser à l'urgence de demain qui sera d'offrir aux prochains déçus et ceux qui ne se reconnaissent plus socialistes, ni libéraux, ni chrétiens, ou encore ni nationalistes, ni séparatistes, ni nazis et autres anti-humanistes, ... une alternative. A savoir une plateforme d'espérance et de réflexion pragmatique qui permettra de s'inscrire dans une dynamique positive plutôt que destructrice.

Si l'opposition devait être votre prochaine mission ... permettez-moi Écolo-Groen, de vous vous souhaiter bon courage, car la mission - bien plus ardue que de sauver des centaines de milliards d'euro cent- sera de penser "Humanité demain". Au sein des laboratoires que sont chaque Commune et Région, et pour un temps encore au sein de la "Nation Belgique", avant qu'elle ne s'estompe dans l'espace "Nation Europe", et puis plus loin encore.