07/10/2011

un indigné peut en cacher un autre


"Indigné" ... voilà bien le mot que le mieux connaissent les Belges, qu'ils soient de toutes les roses du vent, puisque c'est bien par le culte de l'indignation qu'il ont failli détruire leur(s) Culture(s).

La dignité, je la hais puisqu'elle repose sur des normes qui émanent de concepts, d'idéologies, d'utopies, d'us et coutumes, ... qui en rien ne reflètent l'Homme qui tente d'être un peu plus humain, à savoir de vivre en Homme avec et parmi les autres Humains.

Quant on évoque la dignité on annonce de facto qu'il y a limite non négociable, et que limite non respectée signifiera divorce voire guerre, ou sanction.

De ce risque là justement les habitants du territoire "Belgique" en ont plein la cafetière. Tellement que leurs leaders sont enfin parvenus à avoir le courage de lâcher prise de leurs slogans, et que, pour en revenir à bien vivre ensemble, ils ont extirpé de leurs négociations la notion de dignité.

La dignité est une exigence de respect. Mais respect de qui et de quoi ? Au nom de qui et de quoi ? Le respect ne s'impose pas, il se mérite. Ou on se respecte soi-même, ou on n'existe pas.
Être respectable est preuve de grande Humanité. Exiger le respect est exigence de dignitaire qui par lui-même n'est point respectable.

Il est vrai que l'appel à la dignité des "Flamands" a bassiné les consciences des dignitaires francophones dans leur dignité (?) menacée. Et que nous étions en bonne route pour que de partout la "maladie dignitaire" engendre - telles les poupées russes - cascade de dignitaires indignés en soif d'autonomie toujours insatisfaite.

Autonomie, dynamique certes libératrice pour l'individu, mais qui, lorsqu'elle est vide de toute solidarité collective, de bocal en bocal isole son "bénéficiaire" qui finit par se retrouver tout seul, là où son anarchie rejoint sa dictature absolue, deux complices qui rejettent toute compromission avec le "vivre ensemble".

Ceci étant dit : "vigilance pour demain" ! Que bien on le sache !
Le dépassement de dignités usées opéré par nos négociateurs, pour enfin définir pour un temps de nouvelles règles de gestion pour notre collectivité, aura pour effet collatéral d'en décevoir plus d'un, autant de dignités bafouées qui risquent de devenir plus virulentes, radicales, extrémistes.

Un exemple. Le front francophone qui enfin va redevenir "de gauche, du centre, ou de droite" en termes de bonne gestion démocratique, aura à subir les affres de mille rêveurs déçus, qu'ils soient passéistes, mélancoliques, unionistes, provincialistes, séparatistes, rattachistes, territorialistes, francophonistes ... auxquels se mêleront d'autres indignés plus professionnels (si je puis dire) aux cent thèses toutes ennemies de la démocratie.

"Indignés unissons-nous" ne dure que le temps où l'objet de la dignité revendiquée n'est pas précisé.

Plus enclin à me sentir respectable que respecté j'ai pour seule alternative : être "pour" et faire "en sorte que".

La crise belge n'aura-t-elle été qu'une crise de croissance ? Tout permet de le penser. La Culture du "pour" reprendra-t-elle le dessus sur la Culture de l'indignité ? Sans doute aurai-je eu raison de persister à y croire, même si les dérives - d'extrémistes à nazies - jamais ne sont hors de portée.

Réapprenons à voter, réapprenons à faire confiance, réapprenons à nous gérer ensemble entre bons pères de famille ... car déjà nous sommes en guerre supra-continentale avec un ennemi mafieux qui tous nous soumet à ses exigences : le multinational-capitalisme, qui - l'idée qui suit me vient du Prof Philippe de Grauwe de la KUL - en tout anonymat parvient à "socialiser ses pertes et à privatiser ses gains".

Cela non plus ne m'indigne pas, mais - malgré que mon épargne semble plus que largement garantie en ce qui me concerne, du moins si j'en crois nos édiles financiers - m'oblige à agir pour plus de justice, plus d'équité, et encore et toujours plus de démocratie, plus d'Humanité.

Voilà-t-il pas qu'en fin de périple de vie je découvre un sens noble au mot "âme" qui pour moi ne voulait rien dire. Je vous propose ma définition : "âme" partie de soi qu'on ne peut vendre ni corrompre. Ou encore "arme" anti-mafia. En corollaire : "un vendu" n'a plus d'âme.