01/11/2011

quand le Pouvoir démocratique s'use


Il suffit pour cela de prendre un bon démocrate idéaliste porteur d'idées positives.
Donnez-lui un succès électoral qui le propulse plus haut dans la hiérarchie du pouvoir. Et re-succès qui lui permet de conforter sa gouvernance.

Les années passant, son écoute s'use, son bilan réalisé ou non vire à l'hésitation, la déception, l'amertume. Conforter son siège lui devient alors préoccupation majeure. Sa capacité à comprendre s'évapore, son esprit d'ouverture se referme, son aspiration à stabilité statutaire fait qu'il préfère édicter, se persuadant qu'il défend l'intérêt supérieur de l'entité qu'il gère.

A quelques détails près. Puisque depuis son mai 68 à lui,
le monde a changé,
les hommes ont changé,
ses administrés ont changé,
les âges ont changé.
Et que vivre l'aujourd'hui et envisager demain en plus rien ne ressemble à son miroir "d'ancien" qui rejoint les archives de son "histoire".

Usé, sourd, aveugle, amer, l'homme vieillissant s'accroche coûte que coûte.
Son ambition électorale devient : proposer des projets "innovants" pour maintenir son siège une année de plus.
Avec le temps sa Baronnie suce jusqu'à la moelle la démocratie qui lui permit d'accéder au Pouvoir, et trouble l'esprit critique du Citoyen qui finit par préférer des images de "franchise", même si elles ne sont que carton. Jusqu'à préférer la franchise perverse de celui qui tout de go vise le Pouvoir pour lui-même et s'annonce comme tel.

Un candidat Homme Fort rassure. Au moins avec lui on sait où on va, même si c'est le pire.
Et pour un temps l'électeur se repose de sa déception d'avoir vu disparaître des hommes brillants dans la drogue de l'autoritarisme inavoué.
Après quoi il lui reste à sortir de la dictature et, les mémoires ayant été effacées, de tout recommencer à partir de zéro.

La démocratie n'est pas UNE IDEE qui est la bonne, mais ENTRE TOUTES LES IDEES une technique d'écoute, d'échanges, de négociations, d'accords toujours temporaires qui jamais ne peuvent empêcher un nouveau lendemain.

Rester jeune n'est pas chose facile. Cela se mesure en notre capacité à reconnaître l'exact instant où il faut céder sa place au suivant et de le soutenir ensuite. Et lui permettre de vivre à son tour son nouveau mai 68 pour le bien de ses enfants !