26/06/2012

élections françaises et démocratie


Contrairement à ce qu'affirment certains, il n'existe pas "DES démocraties". La démocratie est UNE ou n'est pas. Pour y tendre chacun utilise des voies différentes selon ses origines, l'histoire, l'environnement, ses racines.

Quand on parle d'un État démocratique on veut donc dire "État qui semble vouloir tendre vers plus de démocratie". La démocratie n'est pas le résultat atteint au lendemain d'une révolution ou d'un printemps quelconque. Même s'il est vrai que révolutions et printemps peuvent faire sauter des verrous totalitaires et par là donner accès à de nouvelles voies de progrès démocratique.

J'affirme d'emblée que toujours j'ai compté et compte la société française du côté des démocraties. Beaucoup d'idées fondatrices de philosophie démocratique y sont nées et la France dit être soucieuse du respect des principes démocratiques.

Avoir suivi de près les dernières élections et en comprendre modestement les rouages m'a amené à intégrer un nouveau repère de caractère évolutif : par rapport à (ma) notion de l'utopie démocratique (incomplètement formulée sous "droits ... et devoirs ... des humains !?), en quoi une société est-elle en marche vers plus de démocratie ?

Qui suis-je pour me permettre ainsi d'oser en juger ? Mais je le dis quand même : en son état actuel je n'ai pas réponse nette pour la France.

Il y a chez notre proche voisins du sud une préférence pour les apparences et le plaisir des joutes oratoires qui m'éberlue, et une allergie à évoquer des faits et à les analyser qui me désarçonne. On s'assène sans retenue des slogans simplistes, pour ensuite traiter l'autre de menteur. Ça va rarement plus loin.
Reste alors au téléspectato-électeur de choisir son champion.
Comme cela se passe avec les spectacles divertissants (?)(deux matchs de catch à quinze) qu'on nous sert en Belgique chaque dimanche midi en lieu et place de la messe avant le poulet-compote-croquettes - "mise au point" et "controverse" - deux émissions adressées à un public en phase de réveil difficile, qui ont pour utilité de nous aider à passer sans mauvaise conscience du café-croissant de 11.00 h à l'apéro de 11.15 h.

J'arrête mes mots annonciateurs. Voici ma difficile conclusion : les élections françaises m'ont replongé au Moyen-Age comme si depuis rien n'avait changé, avec ses guerres et joutes qui décidaient de la possession de l'argent et des terres. Les mœurs ayant évolué il ne faut plus faire la preuve de la victoire par le sang du vaincu, mais la procédure pour être vainqueur ou vaincu est restée la même.

La guerre est médiatique sans plus, la joute est oratoire, le duel y est palpitant, après quoi on a "tout gagné" ou "tout perdu". Notons quand même une évolution démocratique incontestable : tout citoyen (en principe !?) peut prendre part à la guerre et aux joutes, et le vainqueur ou le vaincu l'est pour une durée limitée à cinq ans !

Pour le reste l'opinion publique déclarée souveraine - c'est elle qui décide des points à octroyer aux "combattants" - pour s'exprimer est soumise à une voie sinueuse et perverse dans laquelle elle se perd. Jusqu'à devoir - pour beaucoup de sensibilités - se renier et voter contre elle-mêmes par tactique, n'ayant, au fil de quatre élections qui s'enjambent et se mélangent (quatre !!!), pour seul choix la peste ou le choléra.
A moins que - pour rester fidèle à sa conviction - elle ne se force à s'abstenir, ce qui là est bien déni fondamental de tout élan démocratique.

Je termine en précisant que je me sens à l'aise pour écrire cela, puisque pour ma part je suis satisfait que la Gauche et Hollande ont remporté les dernières élections.
S'ils ont annoncé leur volonté de changement qui m'est sympathique et me semble nécessaire (pas seulement pour la France), je reste pourtant inquiet quant au mode représentatif français et sa procédure législative s'ils devaient ne pas les changer.
C'est-à- dire que se perpétuerait alors la loi du plus fort (en gueule) qui ne génère que des princes, seigneurs et rois, qui une fois en place jouissent de pouvoirs non tempérés, il est vrai limités à 5 ans.

Qu'ils soient de Gauche ou de Droite, un Empereur est un Empereur. Tant que l'un d'eux ne se démettra pas lui-même, le système impérial en place l'obligera à être Empereur avec des Pouvoirs impériaux.

Bien plus que mascarade, le nommer Président est alors tromperie manipulatoire anti-démocratique.

Vive les Français que j'aime. Et bon courage pour le reste, car la route sera longue.