15/10/2012

14.10.12 - des élections enfin intéressantes


et ma foi rassurantes, c'est mon point de vue.

Rassurantes puisque plus que jamais ce sont les électeurs qui ont décidé de l'avenir de leur Commune, et qui décideront de l'avenir des trois Régions (je laisse ici entre parenthèse la problématique de la Région germanophone) dont l'existence se confirme de façon irréversible dans une Belgique fédérale en évolution constante.

A une condition du moins ... que chacun continue à s'occuper de ses oignons au niveau qui est le sien sur base de faits, d'actions, de décisions concrètes face aux réalités quotidiennes des citoyens qu'il administre.

A la Wallonie de continuer la voie de renouveau en profondeur basé sur la reprise de confiance dans la créativité de l'individu entrepreneur. Qu'elle se libère de sa tradition d'un autre siècle qui veut que l'ouvrier esclave est une condition humaine inéluctable, face au capital détenu par des industriels exploiteurs incontournables.
L'avenir de la Wallonie est l'esprit d'entreprise individualisé où les noms de "patron" à "ouvrier" s'estomperont devant celui de "collaborateurs". Des PME de une à cent personnes dotées d'un formation professionnelle vivante, flexible, évolutive.

L'avenir de cette Wallonie stable pour ce qui est de sa norme démocratique ne dépend pas des autres mais seulement d'elle-même.
Avec pour fer de lance son enseignement qui d'urgence doit se consacrer à la première priorité : former des citoyens en les armant de capacités professionnelles plus ciblées qui leur permettent d'être utiles et utilisables plutôt que se retrouvée calés sur les voies de garage prison-carrière et prison-chômage.
Travailleur en activité ou en reconversion, tous doivent savoir qu'au sortir de l'école ils resteront élèves et auront le privilège de se compléter ou de se réorienter par études et formations de base ou complémentaires en fonction : 1. de l'offre et de la demande ... et ce qui reste à créer ; 2. en fonction de la maturation des personnalités et des aptitudes personnelles en évolution non linéaire.

Il n'en va pas autrement pour la Région Bruxelloise où le contexte social de Grande Ville Internationale Multiculturelle suscite des besoins en créativité propres à sa spécificité.
Bruxelles ne sera plus francophone et encore moins flamande. Bruxelles est et progressera vers Bruxelles l'internationale. C'est son avenir souhaitable , incontournable, irréversible.
Bruxelles qui - comme partout ailleurs en Belgique - a voté "communal", révèle qu'au-delà d'un très petit pourcentage d'électeurs qui s'accrochent encore toujours à la nostalgie du territoire menacé ou à récupérer, est entrée dans une ère nouvelle. Plus de 90% des électeurs ont voté "paix démocratique" pour des listes reprenant enfin Flamands et Francophones réunis sur des listes uniques. Avec pour surprise pour les premiers de se voir élus par de non-flamands au-delà de toute espérance, le critère n'étant plus celui de l'origine ethnique mais celui de la compétence !

Pour Européens et Belges que tous ils sont, Bruxellois devient leur prénom à tous. Si Flamand, Francophone, et d'autres 150 qualificatifs persisteront encore chez certains par goût de la spécificité génalogique, déjà ces seconds prénoms suivent l'évolution des nos deux, trois ou six prénoms dont on garnissait nos actes de naissance, sans jamais avoir eu à se souvenir d'eux.

Y va-t-il autrement en Flandre . Mais que non, même si ...
Il est vrai qu'UNE CERTAINE Flandre, pour l'instant encore toujours engoncée dans le confort hérité des générations précédentes, se sent de plus en plus menacée par les nouveaux défis mondiaux qui nous assaillent.
Il y est par contre, comme ailleurs, la majorité des électeurs qui persistent à croire en des partis dits traditionnels, qui au quotidien prouvent leur compétence sur le terrain (ou payent par leur incompétence).
Bien curieusement pourtant, alors que globalement, comparé aux élections précédentes, le rapport des "forces politiques" n'a pas sensiblement changé par rapport aux élections antérieures, la "rumeur médiatisée" sur le personnage "Bart le Grand" pourrait nous tenter à penser le contraire.

Un conseil des lors : avec la majorité des Flamand, gardons bon sens et pieds sur terre. Ne participons pas à cette manipulation populiste qui ne profite qu'à celui qui l'actionne avec pour résultat un quarteron de victimes dont une de de dimension : la ville d'Anvers où la plupart des électeurs se sont laisser aller à voter impulsivement sans que jamais leur soit concrétisé un programme de gestion cohérent et complet.

Anecdote illustrative (interview en rue de la VRT) : "Pour qui allez vous voter ? Pour la NVA. Pourquoi ? Pour que ça change ! Pour que change quoi ? Ha ça on verra quand ça changera !".

A la disséquer de près, la NVA - importante en première apparence - n'est que grosse vague qui s'est gonflées des petites. Le Vlaams Belang s'effondre et redevient anecdotique ... MÊME SI ... ces déserteurs, et non les moins tendres, ont rejoint la NVA ! La liste populiste Dedecker a disparu.

La source de vrai enrichissement de la NVA qui lui donne pour l'instant un faciès menaçant vient des listes libérales en perte d'entrepreneurs, probablement parce qu'en première ligne ils sentent leurs acquis menacés, et plutôt que d'envisager une mutation interne préfère choisir le sursis du statu quo en adhérant jusqu'à la sponsoriser, aux thèses de la NVA : qui va mal est la faute des autres, et tout ira donc mieux en se libérant des autres.

Ne nous laissons pas aller à croire nous aussi la NVA et, par le trouble injustifié et non justifiable d'une hypothétique menace, abonder dans son sens à titre du principe de précaution.

La NVA est problème de la Flandre et des Flamands. J'ose même dire de façon plus précise, laissons aux Anversois régler leur problème entre Anversois, puisque le problème d'Anvers n'est nullement généralisable à la Flandre.

Si j'en crois les derniers résultats de ce matin décrypté par le non-scientifique subjectif que je suis, il s'en dégage globalement une Flandre des 4/4.
1/4 CD&V qui sort honorablement de son infection par le virus du cartel.
1/4 NVA.
1/4 SP-a, VLD en perte, Groen en net progrès.
1/4 d'autres = beaucoup de "listes du bourgmestre" (généralement cartels entre partis traditionnels ...), le Vlaams Belang pour 5-7 % ... et nouvelle venue comme en Wallonie : une Gauche radicale.

Les Anversois ne vont pas l'avoir facile. Déjà que leur futur Bourgmestre (Bart le Grand devrait le devenir, du moins en principe) n'avait pipé mot sur sa ville avant les élections, et qu'une fois le score des élections connu, il n'a eu d'autres paroles que celles traitant d'une hypothétique victoire finale à une prochaine bataille des éperons d'or 2014.
Pire encore, il confirme que gagner la "PREMIERE" ville Flandre est le verrou incontournable vers la victoire finale. On se croirait en Normandie en 1944. A part que "flop" il dit par là que la première ville de Flandre, n'est plus ... Bruxelles ! Blubs ! ???
Merci pour elle. Donner c'est donner, reprendre c'est voler !

En fin de compte, la Flandre se laissera-t-elle entraîner par le syndrome du Grand "Calimero". Je connais trop mes Amis flamands pour ne pas m'encombrer l'esprit de telle éventualité.
Ce qui est certain est que nous allons assister à un feuilleton en série de contorsions mentales d'un mec qui a un gros problème d'ego pour qui seul le rêve peut donner réponse à la mesure de ses aspirations mythomanes.

Puisqu'il ne changera rien à Anvers, grande ville jusqu'ici pas trop mal gérée, et qu'il rêve de devenir le premier Président d'une Belgique confédéralisée - j'offre des prunes à celui qu peut me préciser ce que cela veut dire d'autre que notre modèle fédéral en évolution constante, "déroyautage" mis à part - je crains (en fait je m'amuserai) de voir que sa seule réalisation sera de type bling bling, par exemple en transférant les instances administratives de la Flandre et son Parlement vers Anvers où il rêve de devenir un jour Président de la Région Flamande.
Il n'est interdit à personne de rêver !

En conclusion, ...

Renforcer sa Région par la prise de conscience qu'elle ne doit compter que sur elle-même pour ce qui la concerne directement, tout en se fédérant avec d'autres partenaires pour se garantir un confort de Paix extérieure, est une façon de se préparer à demain.
Que l’État Belgique se vide progressivement vers le régional d'une part et vers l'Europe pour le reste, quoi de plus salutaire puisque telle perspective renforce dans un horizon plus large la solidarité entre les humains. Certes il reste beaucoup à faire, mais laissons au temps le temps.

Renforcer les remparts de sa Région par la peur des autres, en s'investissant dans une alternance de batailles et de replis vers donjons et abris, est autre façon de faire.
L'histoire a montré que telle entreprise tôt ou tard trouve pour seule issue la mer. Puis, lorsque après un jour d'océan fâché qui a raison du fier Galion pirate, aux rescapés de tenter par radeau de méduse de rejoindre la rive et d'y réapprendre à vivre en paix avec les autres Frères les Hommes.

Chacun a droit à choisir son avenir, fut-il suicidaire.
Ceci ne peut empêcher aux autres de continuer à œuvrer pour leur propre vie en se prémunissant de toute contagion qui ne serait que mentale.

La caractéristique du Belge est d'être râleur à tous propos, ce qu'il tempère par un humour psychédélique sans bornes.
Il est un entrepreneur "plan-trekker" infatigable et jamais suicidaire. Je reste confiant en mes amis wallons pour qui ils sont, mes concitoyens bruxellois pour qui ils deviennent, et mes amis flamands pour qui au plus profond d'eux toujours ils le resteront. Tous ensemble tournés vers demain, et plus tard avec encore plus de partenaires.

Reste le phénomène Bart le Grand à Anvers et ses tournées provinciales. Un événement médiatique à coup sûr. Pour combien de temps, reste l'inconnue.