29/06/2014

le train-train des hominidés


il roule
cahotant, soufflant, accordéonnant
entre tête et queue
qui s'attirent et s'étirent.

Derrière ... les wagons qui suivent
sur roues rondes,
sur roues ovales, carrées,
ou encore sur "sans roues".

Il en est même qui,
sans roues
ont pour châssis des ancres que,
de traverse en traverse,
ils accrochent
avec entrain et passion.

Devant ...
la locomotive.
Pense-t-on !?
Hé bien non !

En tête du tout devant,
le plus nuisible des wagons.

Un wagon de carton
déguisé en majestueuse locomotive
qui en revendique honneurs et gloire
priant à la vraie locomotive
qui le pousse
d'être discrète et effacée,
de faire comme si elle était wagon
et surtout
de ne pas le dépasser.

Dans le train,
des singes voyageurs
soumis à l'autorité du Chef
... de train,
qui n'est chef de rien.

Dans les wagons
ça discute, ça se dispute,
ça louvoie, ment et manipule,
à tenter d'éjecter
le Chef de train de rien
pour prendre sa place.

Tous déconnectés
des voies.
Aucun se souciant de savoir
vers où elles mènent
et encore moins
où elles s'arrêtent.

Mais où sont donc passés
les humains
poseurs de voies,
créateurs de pensée,
inventeurs de demain ?

Aux alentours des voies
des vaches.
Ahuries, indifférentes,
interloquées aussi.

Mais qu'ont donc ces hominidés
qui, piétinant la nôtre,
recherchent ailleurs
une herbe plus verte.
pour la fumer
en hasch suicidaire
en foot sanguinaire.

Mais où donc sont passés ces Hommes, ces Femmes ?
probes et libres porteurs du flambeau de la clairvoyance ?

Soit,
inlassablement
encore et une fois de plus,
recherchons-les,
encourageons-les,
ré-essayons de leur faire confiance.

Pour aussi longtemps
qu'ils refuseront de souiller
la pureté de leur conscience
par un quelconque "Jupiler" !