09/04/2016

manifestons, oui ! Mais contre ou pour ?


Nous vivons une mutation sociale importante. Tout nous reste à refaire, mais  autrement. Ainsi va la vie.

Epoque extraordinaire qu'en acteurs privilégiés nous pouvons vivre en direct, comme chaque fois que la Loi du Chaos cycliquement nous libère de la gangue inerte d'un passé qui nous étouffe.
Rien jamais n'est acquis, sans cesse il faut recommencer, et inventer "autrement". Et cette "volonté d'autrement", il faut la faire savoir, l'exprimer, la manifester, à titre individuel et de façon collective.

Abandonner les acquis - un bien, un réflexe, une organisation sociale, un statut, et plus encore les us et coutumes, une façon de voir, de comprendre, de penser - toujours est compliqué. Comment quitter, rassuré, une certitude, pour aller vers "on ne sait quoi" ?

De plus en plus de citoyens, et j'en suis, s'affranchissent et s'affirment "contre".

Contre les extrémismes, contre la barbarie, contre la violence, contre la guerre, contre les pouvoirs corrompus et enlisés, contre le fascisme, contre ... contre ... Tous ensemble, mais le plus souvent sous des slogans peu définis, peu étayés, pour des raisons différentes, disparates, assemblés sous des slogans qui, comme ceux "d'en face", sont souvent réducteurs, simplistes, populistes, manipulateurs et manipulés ...

De mieux en mieux nous nous encourageons "ensemble" à dire non, pas de ceci, plus de cela, et manifestons pour affirmer notre prise de conscience, notre volonté d'entamer une thérapie.
Hélas, manifester "contre" souvent, a pour seul succès le souvenir d'y avoir participé.

Personnellement je ne participerai plus aux manifestations annoncées comme "contre", car l'heure n'est plus à cela Je manifesterai lorsqu'elle seront formulées en "pour". Je ne puis tout faire !
Pour exprimer mon optimisme quant à notre capacité de générer un avenir différent, pour affirmer ma foi en mon idéal d'une société faite d'individus mieux éduqués et instruits, donc plus aptes à penser et à vivre libres, aussi pour affirmer que nous n'existerons - libres - que si nous envisageons un avenir "ensemble" et solidaire.

Tous, manifestons "pour", chacun à sa façon.

Pour une société plus juste, certes. Mais aussi pour plus de démocratie. Et aussi pour une autre fonctionnement des institutions. Et aussi pour plus d'équité, plus de fraternité, plus d'équivalence, plus d'humanité libérée de lois imposées par  par la force, ...

Mais par ces mots, que veut-on dire au juste ? Moi, toi, lui, elle et chacun des autres ? Décidément affronter le chaos salvateur a aussi ses revers qu'il nous faut donc utiliser et non subir. Il y a du travail sur la planche ! Apprenons à mieux nous côtoyer, à converser et à écouter.


Quoi qu'il en soit, réapproprions-nous le pouvoir en inventant de nouvelles courroies de transmissions et rouages. Mode électoral, niveaux de pouvoir, protection anti-virale contre des systèmes non élus, apprentissage de la capacité de choisir entre des projets de société, ... Et éliminons tout autant, si pas plus !

N
'ayons pas peur d'un nettoyage printanier par devoir sanitaire, ... et revivifions le Tâtre de Toone à qui nous offrirons une collection inestimable de guignols.

Je ne doute pas que son génie les réanimera d'un humour sain, alors qu'aujourd'hui, là où ils s'accrochent, il ne font plus rire personne !