07/06/2016

on ne croit plus personne


et tous n'ont qu'une même déclaration à la bouche : "Nous devons créer la confiance" ! Comme si "Il n'y a qu'à !".

La confiance résulte d'un processus long et délicat entre personnes qui se rencontrent, se fréquentent,  se comprennent, se respectent, s'entraident, partagent, et sur base d'affinités identifiées et vécues se reconnaissent comme proches sur l'essentiel.

L'essentiel qui me lie à mes Amis, mes Amies, est authenticité, franchise, foi dans le progrès individuel, cohérence entre mots et actes, souci de justice et d'équité, aptitude à aimer et à être aimé, ... Ma liste est longue, et pourtant tellement simple pour celui qui ainsi pratique.


Cet essentiel, étendu à une société vouée à mieux vivre ensemble, oblige celle-ci à disposer d'outils. Liberté, égalité, fraternité (que de beaux mots !), solidarité aussi (puisque fraternité ne semble plus l'inclure !?), tolérance active qui cherche à regarder, voir et comprendre (et non à fermer les yeux), ...
J'accepte qu'en cela aussi soit évoqué la notion de "confiance". Confiance dans une même utopie vers laquelle nous essayons chacun à notre façon de tendre.
Ainsi des règles sont de mieux en mieux énoncées dans des déclarations, lois et textes avec pour titre générique "les Droits et Devoirs des Humains pour vivre ensemble en CONFIANCE avec leurs différences".

Par contre dire qu'il y a climat de confiance - et lorsqu'il fait défaut, qu'il faut le créer - entre instances qui ont pour vocation de gérer un niveau de pouvoir,  est usurpation éhontée d'une des plus belles notions des relations sociales.

Négocier n'est pas "créer de la confiance". Négocier est chercher un accord qui sera valable jusqu'à la prochaine félonie. La durée d'un accord n'a de garantie que si ceux qui l'ont conclut se sont compris aux 1er, 2ème, 3ème ... degrés. S'allier au plus pressé avec pour seul argument celui de sauver le pouvoir, et donc sa propre façade, tel un pacte avec le diable n'est qu'éphémère, à moins que l'un n'ingurgite l'autre.

En nos dirigeants et clergés politiques, économiques, financiers, scientifiques, religieux, philosophiques, plus personne n'a "confiance", ... et c'est très bien ainsi !

Le drame est qu'au-delà, on ne les croit plus capables de remplir leur mission, tellement le vide des arguments et l'inefficacité des solutions proposées ne sont plus à la hauteur de ce que gérer un niveau de pouvoir doit concrétiser : protéger, pacifier, coordonner. améliorer, générer plus d'équité.
Alors on ne croit plus les gouvernants, on ne croit plus les syndicats, on n'y croit plus,  ...  et par mauvaise extension, les esprits faibles ne croient plus en rien ni personne, Ce qui paradoxalement fait d'eux des cibles idéales pour les gourous à qui ils délèguent la responsabilité de croire à leur place.


Les humains pourtant ont en eux des ressources incommensurables qui, à chaque étape de l'évolution, malgré les accidents de parcours sans cesse leur ont permis et leur permettront de recommencer autrement de nouvelles aventures, portées par l'espoir de plus d'équité pour un plus grand nombre. De cet espoir là, jamais je n'ai douté. En cet espoir toujours j'ai eu et aurai confiance.

Par aucun encore reconnus comme tels, nos grands chefs, chefs, sous-chefs et petits chefs, sans s'en rendre compte, de leurs sujets sont devenus frères, tous agrippés à un même iceberg à la dérive. Une banquise de fric, souvent gaspillé, mais qui, maintenant en démocratie (!?), mieux que jamais a été volé, détourné, estompé, et à tous enlève toute capacité d'assumer avec consistance quelconque responsabilité. Tous cherchent du fric chez l'autre et ne dirigent plus rien.


Nous voilà donc en situation de fraternité "obligée", que comme à l'accoutumée génère toute situation d'adversité face au danger, à un ennemi, à un pouvoir plus fort que ceux qui devaient nous gérer "en paix". Cet ennemi mondialiste anonyme est identifié : "le fricardisme".

Je sais, c'est ma ritournelle.
http://www.rayondevie.com/2015/10/le-fricardisme.html

Sa force pourtant n'est que celle qu'on lui accorde lorsque nous suivons avec correction (et peur des sanctions) les règles malhonnêtes qu'il nous impose.

Aujourd'hui ses collabos - que tous nous sommes à des niveaux différents, d'inconscients à trop conscients -  n'ont plus qu'intérêt négatif pour prix du silence ...
Qu'attendons-nous pour enrayer la machine qui nous étouffe, jusqu'à notre envie d'avoir confiance en l'Homme ?

Commençons la grève par le bon sens. Achetons selon nos besoins pensés et non induits, nourrissons-nous de ... nourriture, rencontrons-nous sans écrans interposés, reconsidérons le temps du travail rémunéré, pour qu'il devienne - comme beaucoup de nos occupations non rémunérées - lui aussi facteur de bonheur.

Vient ensuite ma proposition hérétique qui sera taxée de rêverie irresponsable par tous les clergés : faisons la grève du remboursement des dettes à ceux qui, jour après jour, par keur notion de travail dénaturée, nous volent des heures d'effort et de vie !

"Impossible ! Tout alors s'écroulera !"

"Faux". Seul le fricardisme s'écroulera.

Ceux qui n'ont rien ne verront pas la différence.
Ceux qui ont à perdre, perdront de beaucoup à moins de leurs biens qu'ils devront apprendre à partager.
Et tous gagneront du plaisir à jouir de la vie qui leur sera rendue.

Les fricards y perdront tout, et principalement leur pouvoir dictatorial qui nous interdit de nous organiser plus humainement.

Irréaliste me direz-vous ? Soit. Mais au moins j'y pense et j'essaye.
A commencer par ne pas me laisser endetter !


NDLR :
Comme mon coeur, plutôt penché vers la gauche philosophiquement, je ne puis plus politiquement ainsi me définir. Tous, par leurs esprits enfriqués, ne sont plus libres de créer la différence.
J'abhorre toute forme d'extrémisme collectif et individuel (excepté le mien ?). Trop de passion génère l'obstination, aboutit à l'obscurantisme, et s'enlise dans la violence. Sa responsabilité est à partager avec les sourds, les aveugles, les nuls et les lâches qui l'attisent.