04/09/2018

mon paradis sur terre


M'y voilà, au "paradis de mon vivant", seul espace où se situe ma pensée cosmique. Surpris par mon inconscient préprogrammé, mes cieux se sont ouverts le jour où ma capacité mathématique se limiterait à ne plus pouvoir compter plus loin que quatre. Mon troisième quart de siècle est révolu.

Au paradis dès lors que faire ? Être ou ne plus être ? A moins de n'exister que pour ceux que j'aime et qui m'aiment, dont vous vous êtes, puisque destinataires. Et zut pour les autres.

Même pas peur de la mort qui n'existe pas, puisqu’elle est simple fin de vie, aujourd'hui maitrisable pour qui en décide. Même plus peur de voir disparaître, en derniers carrés serrés, mes Amis et Amies que j'avais implémentés dans mon ADN. Ce qui me confronta de l'insupportable jusqu’au désarroi et questionnement fondamental ultime : quel sens à continuer d'exister pour un avenir dont je ne partagerai plus la responsabilité ?

Deux années de mise en panne pour encaisser, faire bilan, recadrer, réorganiser la machine, m'apprivoiser aux cadrans-compteurs de mes paramètres "santé", "vouloir", "pouvoir", "savoir", "durée". Enfin oser renaître à ma toute nouvelle et dernière étape de vie. Fini les embouteillage, l'urgence, le sens du devoir, les obligations réciproques, diplomaties et contrats toujours réducteurs, les win win perdants, les conseils aux autres, les visions sociétales idéales et idéologisées, les armistices de combats jamais vraiment gagnés qui chaque jour sont à refaire et engendrent larmes et écoulement de sang, surtout quand la méthode est douce.

Je ne servirai donc à plus personne, ni à plus rien. Qu'on se le dise ! Réjouissez-vous pour moi : j'ai atteint la félicité tant espérée d'une sérénité inoxydable. Me reste à occuper mes secondes. Me faire plaisir à moi-même, et - s'ils le souhaitent - être disponible pour les intimes de mon cœur, avant que l'usure des ans nous impose la déchirure.

A l'ère des selfies narcissiques qui renvoient notre image vide sur arrière-plans méprisés, oser alimenter mon blog "rayon de vie" tout autant est démarche narcissique, puisqu'il s'agit de partager ma réflexion errante sur les méandres de mon chemin de vie tourbillonnante qui, de gué en gué, s'efforce de trouver un fil conducteur.

Mettre fin à mon blog fut soupesé. De quel droit encore inonder les autres de mes balbutiements souvent indéchiffrables ? Depuis deux ans pourtant, encore et encore, revient la phrase "Hé bien, il y a longtemps que ... Tu n'écris plus ? Dommage ...". Pourquoi dès lors, m'interdire d'écrire n'importe quoi sur tout sujet, et de le communiquer à mes Amis et Amies qui le souhaitent ?

Décision de m'y remettre donc. Ce ne sera plus comme avant ! Quoique ! Je continuerai à répéter avec mes mots biscornus, ce que d'autres ont dit depuis des millénaires, du moins pour ce qui concerne la vie et l'Homme. Domaine de pensée qui depuis six mille ans fait du sur place, comparé à celui des techniques de plus en plus irresponsables jusqu’à létales, inventées par les apprentis-sorciers que nous sommes.

Redire une fois de plus ce que tous nous savons, sous forme de slogans simplistes. C'est tout ! En cela je fus précurseur de la méthode populiste qui aujourd'hui ronge nos espoirs de plus de démocratie. A son contrario - la haine fondée sur le rejet de l'autre, puis son extermination, l'apothéose jonchée d'assassinats fratricides entre chefs et enfin le suicide de leur dernier survivant - mes slogans simplificateurs, souvent rebelles, se veulent être porteurs de valeurs humanistes de liberté, d'égalité, de fraternité, de solidarité et de plus de justice et d'Amour.

Comme aujourd'hui, je me permettrai deux fois par an de rappeler mon blog à votre mémoire, point trop n'en faut. Libre à ceux qui n'ont plus que cela à faire, de s'y abonner. Ils seront alors automatiquement destinataires de mes nouvelles parutions.

Sur le blog, point de commentaires. Mon adresse mail vous est disponible. L'heure n'est plus à des débats épistolaires stériles, mais bien à la juxtaposition de réflexions profondes et personnelles, puis d'agir chacun selon sa conscience avec la volonté de mieux faire.

Merci de m'avoir lu. Faut le faire !